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Exposum II2026

Série, 2026 · 29 images

Exposum II explore les marges où le vivant subsiste malgré tout. Des figures inspirées de Narcisse se penchent vers des surfaces troubles : asphalte fissuré, humus saturé, eaux contaminées. Ce qu’elles y cherchent n’est pas leur reflet mais une proximité avec ce qui persiste au ras du sol, dans les interstices du monde administré.

Là, dans ces zones, prolifèrent les plantes que l’agrologistique relègue au rang de nuisibles : pissenlits, échinacées, graminées des friches. Ces végétaux de second ordre persistent là où la logique de contrôle a échoué ou renoncé. Leur accorder une attention picturale constitue une pratique de soin — une forme de regard qui refuse la hiérarchie entre vivants dignes et indignes d’attention.

Cette attention passe par la matière elle-même. La juxtaposition et la superposition des couches (fonds crépusculaires, textures minérales, surfaces érodées) convoquent des environnements urbains, périurbains et naturels que la contamination a rendus indistincts. Figures humaines et végétaux y partagent une même condition : celle de corps spectraux, exposés, traversés par les toxicités de notre ère. Hartmut Rosa définit la résonance comme un mode de relation au monde opposé à l’aliénation. Ces peintures tentent de rétablir cette capacité d’écoute entre vivants, contre la surdité systémique des régimes techno-solutionnistes.